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Pala, TCHAD le
La Rédacion / Samedi, 06 Juin 2014

La famille traverse une crise culturelle profonde

 « La famille traverse une crise culturelle profonde, comme toutes les communautés et les liens sociaux. Dans le cas de la famille, la fragilité des liens devient particulièrement grave parce qu’il s’agit de la cellule fondamentale de la société, du lieu où l’on apprend à vivre ensemble dans la différence et à appartenir aux autres et où les parents transmettent la foi aux enfants. Le mariage tend à être vu comme une simple forme de gratification affective qui peut se constituer de n’importe quelle façon et se modifier selon la sensibilité de chacun». (Evangelii Gaudium, no 66)

Je cite ces quelques paroles de l’Exhortation Apostolique simplement pour introduire ce qui est en cours actuellement au sujet de la famille et du mariage. Jamais on n’aura autant parlé de la famille et du mariage dans l’Église que depuis deux ans, dans l’Église universelle mais aussi dans l’Église de l’Afrique centrale. Et ce n’est pas fini…

Du 08 au 13 juillet nous aurons à Brazzaville l’assemblée plénière de l’ACERAC, c’est-à-dire la réunion qui a lieu tous les trois ans et qui regroupe les évêques de 6 pays de l’Afrique centrale : République centrafricaine, Cameroun, Congo Brazzaville, Gabon, Guinée Équatoriale, Tchad. Le thème de la rencontre est LA FAMILLE.

Pour préparer cette Assemblée de Brazzaville, un colloque s’est tenu à Libreville au Gabon en novembre 2013, colloque qui avait été préparé à la base par un questionnaire envoyé aux communautés et aux différents groupes constitués dans les diocèses. Ont participé à ce colloque des délégués des 6 pays : évêques, prêtres, religieuses, couples.

Les résultats de ce colloque vont alimenter comme prévu l’Assemblée plénière de l’ACERAC, mais ont aussi été envoyés à Rome pour aider à rédiger l’Instrument de travail pour le prochain synode extraordinaire qui se tiendra du 5 au 19 octobre et auquel je participerai. Cet Instrument de travail est en confection et devrait être publié sous peu. Il me servira pour préparer mes propres interventions au synode et pourra aussi être utile pour ceux qui veulent mener des recherches dans les paroisses.

Enfin, pour clôturer cette réflexion théologique et pastorale sur la famille, le pape François a déjà annoncé pour 2015 un synode ordinaire sur le même thème.

Toutes ces réunions sont certainement utiles, et même indispensables, mais je me demande ce qu’il en sortira, tellement les situations de la famille et du mariage sont différentes selon les régions du monde. On n’a qu’à se référer par exemple au tremblement de terre médiatique provoqué par « le mariage pour tous » et aux approches différentes face à ce phénomène selon les pays et les continents !

Quant à nous, ce qui devrait nous intéresser, et même nous préoccuper, c’est la situation de nos familles qui se dégrade de plus en plus et la confusion face au mariage chez les chrétiens. Je constate, depuis que je suis évêque, que nous n’avons pas fait de progrès à ce sujet ; ce serait même le contraire. Que signifie le mariage pour un baptisé ? Et comment se marie-t-on ? Je constate, lors de mes visites pastorales, que dans beaucoup de paroisses « les chrétiens ne se marient plus » ! C’est-à-dire qu’ils prennent femme ou mari mais que rien n’est fait officiellement devant l’Église. Et qu’est devenu le mariage coutumier dans le monde d’aujourd’hui ? À quoi ont alors servi les études que nous avons faites sur le mariage coutumier ? Dans le Directoire de l’Église du Tchad, nous demandions que le mariage selon la coutume soit accompagné par la communauté chrétienne. Mais cela semble impossible à réaliser pour beaucoup de raisons.

En résumé : un grand chantier nous attend. Les travaux de l’ACERAC et des synodes pourront nous aider, mais je crois qu’il faudrait nous-mêmes intensifier la réflexion à la base dans les paroisses. Certaines paroisses le font, d’autres non. Le temps de la saison des pluies peut être une occasion pour travailler intellectuellement et pastoralement ce thème de la famille et du mariage.

Pour terminer, je remercie de tout cœur ceux et celles qui nous quittent définitivement, avec de bons souvenirs de leur séjour parmi nous, j’espère. Je souhaite un bon congé à ceux et celles dont c’est le tour et une bonne saison des pluies à ceux et celles qui restent (dont je fais partie). Dire que je reste c’est une façon de parler car je serai à Brazzaville et surtout à Rome une bonne partie de la saison des « vacances » pour l’ACERAC, la Visite ad Limina et le synode. Que le Seigneur nous donne son Esprit en abondance en ce temps de Pentecôte.

+ Jean-Claude -Claude

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