«Jeune du diocèse de Pala Tchad, quels défis pour le prochain cinquantenaire ? » Tel est le thème que nous abordons en cette année jubilaire dans la pastorale des jeunes. En effet, le Tchad a fêté, il y a trois ans, son cinquantenaire d'indépendance avec un bilan mitigé. Il y a eu certes quelques progrès mais beaucoup de problèmes maintiennent toujours le Tchad au dernier rang des nations, surtout sur le plan du développement humain. Notre diocèse de Pala célébrera en 2014-2015, le cinquantenaire de sa création. Nous sommes une Eglise jeune mais déjà confrontée à de multiples défis, en premier lieu, celui de devenir une Eglise adulte avec des chrétiens mûrs et convaincus de leur foi.
Tous ces évènements que nous avons vécus ou que nous allons vivre, méritent une réflexion profonde et interpellent particulièrement les jeunes. Nous allons bien sûr jeter un regard rétrospectif sur le passé mais nous allons surtout voir comment mieux construire ensemble l'avenir de notre Eglise et partant, celui de notre pays. Comme le dit si bien Mgr Charles Vandame : « mieux connaître le passé et les situations dans lesquelles les aînés se sont trouvés ; voir comment ils ont cherché les affronter, mesurer leurs réussites, leurs échecs, tout cela peut aider à comprendre le présent et à mieux appréhender ce qu'il convient de faire à l'avenir. » (Ch. Vandame, Cinquante ans de la vie de l'Eglise catholique au Tchad, p. 9) L'avenir de notre Eglise et de notre pays repose sur nous et comme jeunes chrétiens, nous ne devrons pas être des simples spectateurs de cette situation mais des acteurs avertis. Les 50 prochaines années nous appartiennent et dépendent en grande partie de ce que nous aurons fait aujourd'hui. Certains jeunes se lancent dans des critiques acerbes en accusant les anciens de navoir rien fait pour changer la situation. L'heure n'est pas aux critiques stériles mais à la construction. Il faudrait bien sûr éviter ou corriger les erreurs du passé mais il faut surtout relever les défis pour laisser à la génération future un pays prospère et une Eglise solide. Si nous voulons que les choses changent, nous devrons nous-mêmes changer et changer de mentalité. C'est ce qu'a déjà rappelé le discours de clôture du Concile Vatican II prononcé par le Pape Paul VI, le 7 décembre 1965: « C'est à vous jeunes gens et jeunes filles du monde entier, que le Concile veut adresser son dernier message. Car c'est vous qui allez recueillir le flambeau des mains de vos aînés et vivre dans le monde au moment des plus gigantesques transformations de son histoire. C'est vous qui, recueillant le meilleur de l'exemple et de l'enseignement de vos parents et de vos maîtres, allez former la société de demain : vous vous sauverez ou vous périrez avec elle au terme de cette imposante « révision de vie », elle se tourne vers vous. C'est pour vous, les jeunes, pour vous surtout qu'elle vient, par son Concile, d'allumer une lumière : lumière qui éclaire l'avenir, votre avenir » Pendant cette année nous réfléchirons sur cinq thèmes qui touchent cinq domaines qui nous semblent prioritaires : à savoir les droits de l'homme, la question de l'éducation et de la santé, la condition de la femme tchadienne et la problématique actuelle du foncier. Nous emboîtons, pour ainsi dire, le pas aux évêques du Tchad en nous inspirant fortement de leur Mémorandum : « Tchad, les défis pour le prochain cinquantenaire ». Nous l'adopterons à notre niveau pour en faire une large diffusion. L'avenir de notre Eglise et de notre pays dépend en grande partie du degré d'engagement de chacun de nous. Nous devrons nous engager à lutter contre ce qui détruit la vie et à travailler pour un changement de mentalité et un développement qui respecte l'homme. Comme chrétien, nous nous engageons dans cette lutte, pas simplement avec nos forces humaines, mais avec les armes de la foi. Car nous ne pourrons rien bâtir de solide sans le Christ, la pierre angulaire. Et comme le dit le psalmiste, c'est peine perdue pour celui qui veut bâtir à l'insu du Seigneur (cf. Ps 126). C'est pourquoi nous placerons au coeur de toutes nos rencontres hebdomadaires la Parole de Dieu, en menant notre réflexion à partir de ce qu'elle nous inspire. Elle est pour nous la lampe qui éclaire notre route et notre vie. Pour relever tous ces défis qui nous attendent, nous avons besoin d'une réaction vive et d'un changement de comportement réel.
Ab. Joseph Guinaga

