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Pala, TCHAD le
La Rédacion / Samedi, 04 Avril 2013

FORUM NATIONAL DES JEUNES A MOUNDOU

DU 26-30 DECEMBRE 2012

L’idée d’organiser des forums nationaux de jeunes tous les quatre ans est née suite à l’assemblée de l’Association des Conférences Épiscopales de la Région d’Afrique Centrale (ACERAC) qui s’est tenue en 2005 à N’Djamena sous le thème « rôle et place des jeunes dans l’Église et dans la société ». C’est ainsi que la ville de Sarh fut choisie pour accueillir le premier forum national en 2008. Le deuxième Forum National a lieu à Moundou toujours au Sud du Tchad.

De l’entrée de la ville jusqu’au seuil de la cathédrale, dans un climat crépusculaire, retentissaient les sons de guitares, de batteries et des voies  pour nous souhaiter les bienvenues : « bienvenue, bienvenue à ce forum ». Nous étions 124 pèlerins (jeunes, Prêtres, Sœurs) du diocèse de Pala, venus en liesse nous ajouter aux 1500 autres pèlerins venus des diocèse de Sarh, Doba, Goré, Laï, Mongo, N’Djamena et Moundou.

Placé sous le thème : « enracinés et fondés dans le Christ, affermis dans la foi, jeunes, soyons artisans de la réconciliation, de la justice et de la paix », ce forum de Moundou fut un grand pèlerinage pour nous les jeunes du diocèse de Pala et un moment de brassage et de découvertes d’autres réalités du Tchad.

Le forum a commencé par la messe d’ouverture présidée par notre évêque, Mgr Jean-Claude Bouchard, le jeudi 27 décembre à l’aire de prière de la cathédrale de Moundou. Dans son homélie, l’évêque a souligné l’importance des jeunes dans la vie de l’Eglise du Tchad. Il a en suite invité les jeunes à jouer leur rôle de vrais témoins du Christ dans leurs familles respectives et auprès des autres jeunes.

Dans la matinée du 1er Jour,l’Abbé Djunumbi Gaspard, Recteur de la Fraternité Saint Jean de Pala, a donné une conférence sur l’approche biblique du thème. Dans son intervention, il a essentiellement défini les termes paix, justice, réconciliation, sel et lumière en soulignant leur signification biblique. Il a exhorté ensuite les jeunes à être sel de la terre et lumière du monde, en s’engageant concrètement au service de la réconciliation, de la justice et de la paix dans leurs différents milieux de vie.

L’Abbé Gabriel Dobade, pour sa part, en partant de l’approche morale, déplore dans la société tchadienne des comportements récurrents qui ne favorisent pas la construction d’une paix durable. Les jeunes qui vivent au quotidiens des scènes de violence, d’injustice, de corruption se laissent facilement modeler par ce climat de tension. Toutefois, l’Abbé Gabriel a fini sa conférence sur une note d’espoir. Car pour lui, la jeunesse doit continuer à espérer à un lendemain meilleur. Par ailleurs il reconnaît qu’accompagner les jeunes dans leurs initiatives et les aider à se prendre eux-mêmes en main est une nécessité pour l’État et l’Église. En effet, cette jeunesse apparaît pour lui, comme une bombe à retardement si elle est laissé à elle-même.

L’intervention de l’Abbé Madjiro au troisième jour, a pris en compte les expériences vécues dans la construction de la paix, de la justice et de la réconciliation dans le monde et au Tchad en particulier. Il a cité quelques grandes figures que les jeunes devraient imiter dans les périodes difficiles de la vie: Mahatma Gandhi, Nelson Mandela et Julius Nyerere. Comme coordinateur national de Justice et paix, l’Abbé Raymond a pris aussi pour exemple, le travail réalisé par la commission Justice et Paix dans la résolution de certains conflits au Tchad. Pour finir il a exhorté les jeunes à devenir des citoyens actifs et à éviter d’être des spectateurs dans la vie. Avec l’aide de Jésus-Christ, l’avènement d’un Tchad nouveau est possible. Il suffit de se mettre à son école, lui le prince de la paix et le premier artisan de la Justice et de la réconciliation.

Ce forum national de jeunes a été pour nous jeunes, un moment de rencontre décisive avec le Christ. Tous les matins dans les différents cites il y avait des messes dites par les évêques et les prêtres. En plus, la soirée du vendredi fut entièrement consacrée à la célébration pénitentielle présidée par l’évêque de Sarh Mgr Edmond Djitangar. Après cette célébration, les jeunes ont eu la chance d’avoir à leur disposition, une multitude de prêtres et quelques évêques pour les confessions individuelles et l’écoute. Les pasteurs ont donné de leur temps pour écouter les jeunes dans leurs multiples problèmes afin de les aider à surmonter ces problèmes et à se relever.

La soirée du samedi fut un moment fort de témoignage par la marche de foi à travers la ville de Moundou. De 15h à 17h, les pèlerins ont sillonné la ville de Moundou pour manifester leur foi par la prière du chapelet et les chants. Tous ont appris qu’il faut parfois braver la peur et la honte qui empêchent les jeunes chrétiens catholiques d’exprimer publiquement leur foi.

Après la marche, la rencontre avec les évêques a été d’un grand réconfort pour les jeunes. A travers des questions et réponses, les jeunes ont dialogué directement avec leurs pasteurs. Les jeunes, tout en reconnaissant les bienfaits de l’Église, se disent parfois abandonnés à eux-mêmes. Ils sont sans repères et manquent de moyens nécessaires pour poursuivre leur formation humaine, intellectuelle et spirituelle. De leur côté, les évêques sont conscients qu’il manque du personnel apostolique pour le suivi et l’accompagnement des jeunes mais ils déplorent les attitudes passéistes des jeunes qui attendent tout de l’Église sans fournir le moindre effort.

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