DU 26-30 DECEMBRE 2012
Lidée dorganiser des forums nationaux de jeunes tous les quatre ans est née suite à lassemblée de lAssociation des Conférences Épiscopales de la Région dAfrique Centrale (ACERAC) qui sest tenue en 2005 à NDjamena sous le thème « rôle et place des jeunes dans lÉglise et dans la société ». Cest ainsi que la ville de Sarh fut choisie pour accueillir le premier forum national en 2008. Le deuxième Forum National a lieu à Moundou toujours au Sud du Tchad.
De lentrée de la ville jusquau seuil de la cathédrale, dans un climat crépusculaire, retentissaient les sons de guitares, de batteries et des voies pour nous souhaiter les bienvenues : « bienvenue, bienvenue à ce forum ». Nous étions 124 pèlerins (jeunes, Prêtres, Surs) du diocèse de Pala, venus en liesse nous ajouter aux 1500 autres pèlerins venus des diocèse de Sarh, Doba, Goré, Laï, Mongo, NDjamena et Moundou.
Placé sous le thème : « enracinés et fondés dans le Christ, affermis dans la foi, jeunes, soyons artisans de la réconciliation, de la justice et de la paix », ce forum de Moundou fut un grand pèlerinage pour nous les jeunes du diocèse de Pala et un moment de brassage et de découvertes dautres réalités du Tchad.
Le forum a commencé par la messe douverture présidée par notre évêque, Mgr Jean-Claude Bouchard, le jeudi 27 décembre à laire de prière de la cathédrale de Moundou. Dans son homélie, lévêque a souligné limportance des jeunes dans la vie de lEglise du Tchad. Il a en suite invité les jeunes à jouer leur rôle de vrais témoins du Christ dans leurs familles respectives et auprès des autres jeunes.
Dans la matinée du 1er Jour,lAbbé Djunumbi Gaspard, Recteur de la Fraternité Saint Jean de Pala, a donné une conférence sur lapproche biblique du thème. Dans son intervention, il a essentiellement défini les termes paix, justice, réconciliation, sel et lumière en soulignant leur signification biblique. Il a exhorté ensuite les jeunes à être sel de la terre et lumière du monde, en sengageant concrètement au service de la réconciliation, de la justice et de la paix dans leurs différents milieux de vie.
LAbbé Gabriel Dobade, pour sa part, en partant de lapproche morale, déplore dans la société tchadienne des comportements récurrents qui ne favorisent pas la construction dune paix durable. Les jeunes qui vivent au quotidiens des scènes de violence, dinjustice, de corruption se laissent facilement modeler par ce climat de tension. Toutefois, lAbbé Gabriel a fini sa conférence sur une note despoir. Car pour lui, la jeunesse doit continuer à espérer à un lendemain meilleur. Par ailleurs il reconnaît quaccompagner les jeunes dans leurs initiatives et les aider à se prendre eux-mêmes en main est une nécessité pour lÉtat et lÉglise. En effet, cette jeunesse apparaît pour lui, comme une bombe à retardement si elle est laissé à elle-même.
Lintervention de lAbbé Madjiro au troisième jour, a pris en compte les expériences vécues dans la construction de la paix, de la justice et de la réconciliation dans le monde et au Tchad en particulier. Il a cité quelques grandes figures que les jeunes devraient imiter dans les périodes difficiles de la vie: Mahatma Gandhi, Nelson Mandela et Julius Nyerere. Comme coordinateur national de Justice et paix, lAbbé Raymond a pris aussi pour exemple, le travail réalisé par la commission Justice et Paix dans la résolution de certains conflits au Tchad. Pour finir il a exhorté les jeunes à devenir des citoyens actifs et à éviter dêtre des spectateurs dans la vie. Avec laide de Jésus-Christ, lavènement dun Tchad nouveau est possible. Il suffit de se mettre à son école, lui le prince de la paix et le premier artisan de la Justice et de la réconciliation.
Ce forum national de jeunes a été pour nous jeunes, un moment de rencontre décisive avec le Christ. Tous les matins dans les différents cites il y avait des messes dites par les évêques et les prêtres. En plus, la soirée du vendredi fut entièrement consacrée à la célébration pénitentielle présidée par lévêque de Sarh Mgr Edmond Djitangar. Après cette célébration, les jeunes ont eu la chance davoir à leur disposition, une multitude de prêtres et quelques évêques pour les confessions individuelles et lécoute. Les pasteurs ont donné de leur temps pour écouter les jeunes dans leurs multiples problèmes afin de les aider à surmonter ces problèmes et à se relever.
La soirée du samedi fut un moment fort de témoignage par la marche de foi à travers la ville de Moundou. De 15h à 17h, les pèlerins ont sillonné la ville de Moundou pour manifester leur foi par la prière du chapelet et les chants. Tous ont appris quil faut parfois braver la peur et la honte qui empêchent les jeunes chrétiens catholiques dexprimer publiquement leur foi.
Après la marche, la rencontre avec les évêques a été dun grand réconfort pour les jeunes. A travers des questions et réponses, les jeunes ont dialogué directement avec leurs pasteurs. Les jeunes, tout en reconnaissant les bienfaits de lÉglise, se disent parfois abandonnés à eux-mêmes. Ils sont sans repères et manquent de moyens nécessaires pour poursuivre leur formation humaine, intellectuelle et spirituelle. De leur côté, les évêques sont conscients quil manque du personnel apostolique pour le suivi et laccompagnement des jeunes mais ils déplorent les attitudes passéistes des jeunes qui attendent tout de lÉglise sans fournir le moindre effort.

