Malgré les multiples opportunités que pourrait offrir limplantation de lusine de la cimenterie dans le village Bissi-Keda, la population de ce village crie son désespoir. Les ressources économiques se dégradent de plus en plus, laissant la porte ouverte à la misère.
Bissi-Keda était un village sans égal dans le domaine agricole, a déclaré un sage de ce village. Un père de famille pouvait comptabiliser sept à dix (7-10) sacs de céréales au moment des récoltes sans compter le coton, les arachides, les haricots et autres produits. Aujourdhui, lagriculture connaît de grandes difficultés dans ce village. Certains paysans ont vendu leurs champs à des particuliers qui se pré-positionnent dans ce village en voie de développement. Les jeunes qui constituent une main duvre valide ont abandonné lagriculture au profit de petits travaux : fabrication des briques, manuvre dans lusine...
Quant aux femmes, elles se débrouillent avec la vente des galettes, la sauce à loseille, la bouillie et surtout la vente de bili-bili. Ces petits commerces qui prennent le pas sur lagriculture napportent presque rien à ceux qui les pratiquent. « Je dépense quelque fois 2.000 F CFA pour préparer la bouillie. Mais quelque fois, il me faut deux (2) jours pour récupérer mon argent », nous a confié Martine, une vendeuse de bouillie au bord de la route. Quant à lélevage, nen parlons plus. Les ménagères se plaignent de la rareté et de la cherté de la viande. « Jai vécu presque cinq (5) mois sans goûter à la viande. Cest trop cher. Quant au poulet, il est difficile den trouver. Tout le monde court à lusine pour soi-disant trouver des bons clients » a témoigné une autre femme que nous avons rencontrée au marché de Bissi-Keda. Pour le chef traditionnel de ce village, cette crise économique est due à la légèreté des jeunes qui délaissent les activités champêtres. Un autre triste constat, cest celui des « pari-ventes » (vente de boissons) qui sont organisés très souvent au marché ou au domicile des particuliers. Ces pari-ventes qui durent parfois 2 à 3 jours empêchent certains jeunes et certaines femmes daller au champ. Les mots qui ressortent souvent de la bouche de ces jeunes et de ces femmes est que notre village est devenu une ville. On entend souvent par « ville », « ambiance », « boisson », « oisiveté », et que sais-je encore ! Quel avenir? Il est temps pour la jeunesse de prendre sa situation en main.
Information sur lusine de la cimenterie: implantée à BissiKeda;
Superficie: 11,6 hectares.
Coût de construction: 46 milliards de Franc CFA
Source de financement: 100% tchadien
Capacité de production: 700 tonnes de ciment par jour
Les matières premières (Le calcaire, le sable et la latérite): se trouvent à Baoré et à Louga.
Découverte de calcaire: une cinquantaine dannée
Gérée par: La SONOCIM (Société Nationale de Ciment)
Nombre demployés: plus de 600 personnes (Tchadiens et Chinois) traités sur la base des conventions collectives des industries au Tchad
Masse salariale: plus de 150 millions de Francs CFA par mois
Inauguration: 16 février 2012
Prix dun sac de ciment: 4200 CFA à lusine
Répartition des revenus: gouvernement tchadien 92%, mairie de Pala 2%, mairie de Léré 2%, mairie de Fianga 2% et mairie de Gounou Gaya 2%.
Début de la vente: fin février 2012
Jean-Claude SENAMI

