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Pala, TCHAD le
La Rédacion / Jeudi, 08 Août 2012

Bissi-Keda: économie en danger

Malgré les multiples opportunités que pourrait offrir l’implantation de l’usine de la cimenterie dans le village Bissi-Keda, la population de ce village crie son désespoir. Les ressources économiques se dégradent de plus en plus, laissant la porte ouverte à la misère.

Bissi-Keda était un village sans égal dans le domaine agricole, a déclaré un sage de ce village. Un père de famille pouvait comptabiliser sept à dix (7-10) sacs de céréales au moment des récoltes sans compter le coton, les arachides, les haricots et autres produits. Aujourd’hui, l’agriculture connaît de grandes difficultés dans ce village. Certains paysans ont vendu leurs champs à des particuliers qui se pré-positionnent dans ce village en voie de développement. Les jeunes qui constituent une main d’œuvre valide ont abandonné l’agriculture au profit de petits travaux : fabrication des briques, manœuvre dans l’usine...

Quant aux femmes, elles se débrouillent avec la vente des galettes, la sauce à l’oseille, la bouillie et surtout la vente de bili-bili. Ces petits commerces qui prennent le pas sur l’agriculture n’apportent presque rien à ceux qui les pratiquent. « Je dépense quelque fois 2.000 F CFA pour préparer la bouillie. Mais quelque fois, il me faut deux (2) jours pour récupérer mon argent », nous a confié Martine, une vendeuse de bouillie au bord de la route. Quant à l’élevage, n’en parlons plus. Les ménagères se plaignent de la rareté et de la cherté de la viande. « J’ai vécu presque cinq (5) mois sans goûter à la viande. C’est trop cher. Quant au poulet, il est difficile d’en trouver. Tout le monde court à l’usine pour soi-disant trouver des bons clients » a témoigné une autre femme que nous avons rencontrée au marché de Bissi-Keda. Pour le chef traditionnel de ce village, cette crise économique est due à la légèreté des jeunes qui délaissent les activités champêtres. Un autre triste constat, c’est celui des « pari-ventes » (vente de boissons) qui sont organisés très souvent au marché ou au domicile des particuliers. Ces pari-ventes qui durent parfois 2 à 3 jours empêchent certains jeunes et certaines femmes d’aller au champ. Les mots qui ressortent souvent de la bouche de ces jeunes et de ces femmes est que notre village est devenu une ville. On entend souvent par « ville », « ambiance », « boisson », « oisiveté », et que sais-je encore ! Quel avenir? Il est temps pour la jeunesse de prendre sa situation en main.

 

 

Information sur l’usine de la cimenterie: implantée à Bissi—Keda;

Superficie: 11,6 hectares.

Coût de construction: 46 milliards de Franc CFA

Source de financement: 100% tchadien

Capacité de production: 700 tonnes de ciment par jour

Les matières premières (Le calcaire, le sable et la latérite): se trouvent à Baoré et à Louga.

Découverte de calcaire: une cinquantaine d’année

Gérée par: La SONOCIM (Société Nationale de Ciment)

Nombre d’employés: plus de 600 personnes (Tchadiens et Chinois) traités sur la base des conventions collectives des industries au Tchad

Masse salariale: plus de 150 millions de Francs CFA par mois

Inauguration: 16 février 2012

Prix d’un sac de ciment: 4200 CFA à l’usine

Répartition des revenus: gouvernement tchadien 92%, mairie de Pala 2%, mairie de Léré 2%, mairie de Fianga 2% et mairie de Gounou Gaya 2%.

Début de la vente: fin février 2012

Jean-Claude SENAMI

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