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Pala, TCHAD le
La Rédacion / Samedi, 10 Octobre 2010

Un événement ecclésial et œcuménique pour l’Église de Pala

Un événement ecclésial et œcuménique pour l’eglise de palaLes participants ont vu en cette Assemblée diocésaine une initiative œcuménique allant dans le sens de l’unité des chrétiens. Le coordinateur de la Commission diocésaine Justice et Paix l’a d’ailleurs remarqué dans son mot d’ouverture : la justice et la paix sont des valeurs évangéliques. Lorsque nous parlons de la justice et de la paix, aucun croyant ne devrait être indifférent. Travailler pour la justice et la paix ne doit donc pas être l’apanage des seuls chrétiens catholiques, mais l’affaire de tous les croyants quels qu’ils soient. Il n’y a pas d’excuse pour celui qui demeure muet devant les situations d’injustices et d’insécurité. Par conséquent, tous les membres de toutes les Églises sans distinction sont appelés à se mobiliser pour lutter contre toutes les situations qui empêchent l’épanouissement de l’être humain.

Pour notre évêque, l’Église-Famille de Dieu qui est à Pala doit sortir de son sommeil pour donner l’exemple. Dans ses propos, il a précisé l’objectif de cette Assemblée : donner suite à la 2e Assemblée spéciale des évêques pour l’Afrique, relancer et rendre plus fonctionnelles les Commissions Justice et Paix. Déjà dans l’Exhortation Apostolique Ecclesia in Africa en 1994, Jean-Paul II avait recommandé fortement aux Conférences épiscopales d’instituer des Commissions Justice et Paix là où elles n’existaient pas pour défendre les droits humains (Cf. EIA 106). Pala a repris à son compte cette recommandation dans son Projet pastoral diocésain (1997) où il est écrit qu’il faut « mettre en place les comités Justice et Paix aux niveaux local et diocésain et assurer leur suivi ». Et c’est urgent. Après 14 ans, cette urgence se fait de plus en plus sentir de nos jours. L’évêque lui-même l’a constaté lors de ses visites pastorales. L’exemple le plus frappant est le retour en force de l’initiation traditionnelle dans les zones pastorales de Bongor et de Fianga qui crée des situations d’injustices graves pour les chrétiens. De même la recrudescence des accusations de sorcellerie dues à la méchanceté humaine. C’est une raison de plus à rendre actifs les Comités Justice et Paix qui fonctionnent au ralenti.

Par ailleurs, il a fait remarquer que ce qui rend difficile le travail pour la justice et la paix, c’est le fait que les fidèles séparent la foi chrétienne de leur vie quotidienne. Et la société se dégrade constamment. Cela nous interpelle. Car tous, nous prions Dieu qui est un Dieu de justice, de paix et d’amour. Notre foi en ce Dieu devrait donc nous pousser à nous engager pour la justice et la paix. Cet engagement doit faire partie de nos responsabilités évangéliques. Il faut que les fidèles arrivent à comprendre que la promotion de la justice et de la paix fait partie intégrante de l’évangélisation qui est leur mission baptismale. Raison pour laquelle les communautés et les paroisses doivent l’insérer dans leur programme pastoral. Ainsi, chaque chrétien selon son état et sa fonction, apprendra ses droits et ses devoirs pour les faire prévaloir en cas d’injustices subies par lui ou par ses frères.

Puis notre évêque a souhaité que, pour aider à surmonter les difficultés et lacunes dans ce travail, les participants repartent de cette assemblée convaincus que travailler à la justice et à la paix fait vraiment partie intégrante du travail des chrétiens ; mieux informés du travail de la commission diocésaine Justice et Paix et des comités paroissiaux, avec une vision plus claire des besoins et des priorités que nous devons nous donner dans la situation actuelle de notre société et de notre Église, ainsi que de la manière de nous organiser à tous les niveaux pour réaliser, de façon efficace, les priorités dégagées.

Le travail de l’Église, comme corps organisé, est de participer à l’édification d’une société plus juste, les chrétiens étant des exemples d’honnêteté, de justice et de paix dans une société qui souffre de l’irresponsabilité de beaucoup. Leur engagement et leur comportement seront des dénonciations des injustices les plus criantes.

Durant ces assises, les interventions, les échanges et les débats ont été vivants et même captivants. Beaucoup de participants ont été estomaqués par les faits d’injustices relevés ça et là dans les différentes zones pastorales du diocèse. Certes, des actions ont déjà été menées mais ce n’est pas suffisant. Il reste beaucoup à faire dans ce domaine de défense des droits humains. D’où la nécessité de rendre actifs nos comités et de travailler davantage en synergie, catholiques et fidèles des Églises-sœurs, pour que la justice et la paix soient effectives.

A la fin de l’Assemblée, des priorités étaient retenues, et pour les paroisses, et pour le diocèse. Les participants sont rentrés satisfaits et avec un nouveau dynamisme. Je pense bien qu’ils continueront le travail dans leurs paroisses respectives pour bâtir ensemble ce Royaume de justice, de paix et d’amour.

« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9).

Edmond Tokang

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